Quand un ministre reconnaît publiquement que le niveau de contrôle a été insuffisant dans un secteur qui accueille des millions d'enfants chaque jour, ce n'est pas une déclaration anodine. C'est un signal que tout organisateur de périscolaire doit entendre — et traduire en actes concrets.

Le 1er avril 2026, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray déclarait sur RTL : « Le niveau de contrôle a été insuffisant » dans le périscolaire, appelant à « considérablement rehausser » ce niveau, à l'image de ce qui se pratique côté scolaire. Ces mots font suite à plusieurs mois de signalements de violences et d'agressions sexuelles dans des structures périscolaires en France, qui ont mis en lumière des failles sérieuses dans les procédures de recrutement et de gestion des alertes.

Ces déclarations ne concernent pas seulement les structures ayant connu des incidents. Elles engagent l'ensemble du secteur. Et elles posent une question directe à chaque organisateur : si un contrôle avait lieu demain matin dans votre structure, que trouverait-on ?

Ce que la déclaration du ministre dit vraiment

Derrière les formules politiques, le message est précis. Le périscolaire a longtemps fonctionné dans un angle mort réglementaire : moins inspecté que le scolaire, moins encadré administrativement, davantage délégué à des structures associatives ou communales sans procédures systématiques de vérification.

Le ministre a évoqué la nomination d'une déléguée à la protection de l'enfance à l'école, dont le rôle sera notamment de faire travailler ensemble le scolaire et le périscolaire sur ces questions. Ce rapprochement institutionnel n'est pas symbolique : il annonce une montée en exigence du côté périscolaire, calquée sur des standards plus élevés.

Il a également rappelé que la responsabilité juridique du périscolaire est celle de la commune. Cette précision est importante : en cas d'incident, c'est la collectivité organisatrice qui est exposée, pas uniquement l'encadrant ou le directeur de structure. Ce qui implique que les communes — et les associations gestionnaires délégataires — ne peuvent plus se permettre de laisser les procédures de contrôle interne au bon vouloir des équipes.

Les failles structurelles que personne ne voulait voir

Ce que le ministre reconnaît en public, les professionnels du secteur le constatent depuis des années. Les audits réalisés par APHELY-ACM auprès de structures périscolaires dessinent un tableau cohérent des fragilités récurrentes :

🔴 Honorabilité des intervenants — le point le plus critique
Dans plus de 6 structures périscolaires sur 10 auditées, la traçabilité des vérifications d'honorabilité est incomplète. Casiers judiciaires non consultés pour les bénévoles, absence de vérification du fichier des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAISV) pour les intervenants ponctuels, aucun document attestant des démarches effectuées. Ce n'est pas de la malveillance — c'est une procédure qui n'a jamais été formalisée.
🟠 Procédures d'alerte inexistantes ou inconnues des équipes
Quand une situation préoccupante est identifiée — comportement inadapté d'un adulte, confidence d'un enfant, incident non élucidé — la plupart des animateurs ne savent pas précisément à qui en référer, selon quelle procédure et dans quel délai. L'absence de protocole formalisé est la règle, pas l'exception.
🟡 Recrutement sans cadre systématique
Dans les structures en tension sur le recrutement — ce qui représente la quasi-totalité des structures périscolaires aujourd'hui — les vérifications préalables à l'embauche sont souvent réduites au minimum. Pas de processus standardisé, pas de grille d'entretien incluant les questions relatives à la protection de l'enfance, pas de vérification des antécédents au-delà du casier judiciaire de base.

Ce que ça change concrètement pour votre structure dès maintenant

La déclaration du ministre n'a pas encore valeur de texte réglementaire. Mais elle annonce une évolution qui va s'accélérer. Les structures qui anticipent cette montée en exigence seront dans une position très différente de celles qui attendront que la contrainte soit formellement imposée.

Concrètement, voilà ce qui va changer dans les prochains mois :

Ce n'est pas une question d'image ou de communication. C'est une question de conformité réelle — et, au fond, de responsabilité vis-à-vis des enfants que vous accueillez.

Les 3 actions prioritaires à mener maintenant

Sans attendre un nouveau texte réglementaire, voici ce que chaque organisateur de périscolaire peut faire immédiatement :

1. Auditer l'honorabilité de votre équipe complète

Pas seulement les salariés permanents. Tous les intervenants : bénévoles, prestataires, stagiaires, intervenants ponctuels. Pour chacun, vous devez être en mesure de présenter un document daté attestant que la vérification a été faite. Si ce document n'existe pas, la vérification n'a pas eu lieu aux yeux d'un contrôleur.

2. Formaliser un protocole d'alerte et le faire connaître à toute l'équipe

Ce protocole doit répondre à trois questions simples : qui prévenir, quand, et comment ? Il doit être écrit, affiché ou distribué, et l'équipe doit pouvoir le citer sans chercher. Un protocole qui existe sur papier mais que personne ne connaît n'a aucune valeur opérationnelle.

3. Revoir votre processus de recrutement

Intégrez systématiquement une étape de vérification des antécédents avant toute prise de poste. Formalisez une grille d'entretien. Documentez chaque recrutement. En cas de contrôle ou d'incident, la traçabilité de votre processus sera la première chose que l'on vous demandera.

Le moment de l'audit indépendant

Ce contexte est précisément celui pour lequel l'audit périscolaire indépendant a été conçu. Pas pour sanctionner, ni pour pointer les manquements comme un contrôleur de l'État. Mais pour regarder votre structure avec un œil externe, méthodique, et vous donner une image précise de là où vous en êtes — avant que quelqu'un d'autre ne le fasse à votre place.

APHELY-ACM accompagne les structures périscolaires sur l'ensemble de ces sujets : audit de conformité, mise en place des protocoles d'alerte, formation des équipes à la protection de l'enfance, révision des procédures de recrutement. Notre intervention n'est pas un aveu de faiblesse — c'est une marque de responsabilité.

"Quand on dépose son enfant à l'école, on doit le déposer dans une bulle de sécurité." — Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, 1er avril 2026.

Cette phrase ne s'arrête pas à la grille de l'école. Elle vaut pour le matin à 7h30, pour le midi à la cantine, pour le soir à 18h30. Elle vaut pour votre structure. Elle vous appartient autant qu'à n'importe quel autre acteur du secteur.

Votre structure est-elle prête ?

APHELY-ACM réalise des audits indépendants dans les structures périscolaires. Rapport détaillé, plan d'action priorisé, accompagnement à la mise en conformité.

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