L'été est la saison la plus intense pour les ACM : effectifs au maximum, personnel saisonnier, activités extérieures, séjours avec hébergement, vagues de chaleur. C'est aussi la période où les contrôles DRAJES et les incidents graves sont les plus fréquents. Voici les points de vigilance prioritaires à mettre en place avant et pendant l'été 2026.
Cet article s'adresse aux directeurs de centres de loisirs extrascolaires, aux responsables de séjours de vacances et aux collectivités qui organisent des accueils de mineurs durant la période estivale. L'été 2026 s'inscrit dans un contexte climatique qui ne laisse plus de place à l'improvisation : les épisodes de chaleur intense sont désormais prévisibles, récurrents et souvent prolongés. Parallèlement, les structures accueillent des effectifs d'enfants plus importants qu'à toute autre période de l'année, avec une équipe souvent renouvelée pour moitié. Ce sont ces deux facteurs combinés — intensité de l'accueil et fragilité du dispositif — qui font de l'été la saison la plus exigeante pour les directeurs d'ACM. Les huit vigilances qui suivent couvrent les zones de risque les plus documentées, en croisant les obligations réglementaires et les retours de terrain.
- Avoir un protocole canicule écrit, connu de toute l'équipe et affiché dans la salle des animateurs avant le 1er juillet
- Seuils d'activation clairement définis : limiter les activités physiques et sportives (APS) extérieures au-delà de 32°C, les supprimer au-delà de 36°C
- Eau en libre-service permanente et rappels horaires d'hydratation organisés par l'animateur référent du groupe
- Identification des enfants à risque avant l'ouverture estivale : obésité, traitements diurétiques, pathologies cardiaques, porteurs de PAI — recoupement avec les fiches sanitaires
- Organisation des espaces : zones d'ombre obligatoires, brumisateurs, accès identifié à des locaux climatisés ou fraîcheurs
- Formation de l'équipe aux signes du coup de chaleur : confusion, peau brûlante et sèche, absence de transpiration, pouls rapide
- Numéro du SAMU (15) et du centre antipoison affiché et connu de tous les membres de l'équipe
- Vérifier la validité du diplôme MNS ou BNSSA du responsable de surveillance (recyclage tous les 5 ans) avant toute activité aquatique
- Ne jamais comptabiliser le MNS dans les ratios d'encadrement animation en même temps qu'il assure la surveillance de baignade
- Protocole noyade/quasi-noyade affiché au bord de l'eau, avec les numéros d'urgence et la chaîne de commandement
- Vérification des conditions météo la veille et le matin : annulation ou report si alerte vent, courant ou orage en eau naturelle
- Pour les piscines municipales : la présence de MNS de l'établissement ne dispense pas d'un encadrant ACM supplémentaire — vérifier la convention et clarifier la répartition des responsabilités
- Gilets de sauvetage homologués obligatoires pour les non-nageurs, vérifiés avant chaque utilisation et remplacés dès altération
- Fiche individuelle de niveau de natation constituée avant la première baignade, avec validation des familles
- Vérifier les qualifications avant la prise de poste : diplômes originaux consultés, copies conservées dans le dossier du salarié
- Recalculer le ratio qualifiés/non-qualifiés dès chaque nouvel embauche — ne pas attendre la fin de la semaine de recrutement pour faire le point
- Journée d'intégration obligatoire avant la prise en charge des enfants : plan d'évacuation, protocoles sanitaires, PAI en cours, procédure de signalement, numéros d'urgence, positionnement hiérarchique
- Vérifier l'absence de condamnations incompatibles avec l'encadrement de mineurs — la DRAJES peut effectuer ce contrôle lors d'une inspection
- Ne pas confondre stagiaire BAFA (en cours de formation) et titulaire BAFA : le stagiaire ne compte pas comme animateur qualifié dans le calcul réglementaire
- Désigner un tuteur expérimenté pour chaque animateur saisonnier, clairement identifié dès le premier jour
- Communiquer aux saisonniers la liste des non-conformités fréquentes lors des contrôles, pour qu'ils comprennent les enjeux réglementaires de leur mission
- Déclaration TAM effectuée au moins 8 jours avant le départ — vérifier que c'est bien fait pour chaque séjour individuellement, même les séjours courts de 1 ou 2 nuits
- Taux d'encadrement renforcé : 1 animateur pour 6 mineurs de moins de 6 ans, 1 pour 8 pour les 6 ans et plus — sans dérogation possible en séjour
- Numéro d'astreinte joignable 24h/24 par les familles, communiqué avant le départ et affiché dans les espaces d'hébergement
- Infirmerie obligatoire avec protocole médical au-delà de 100 mineurs en hébergement
- Vérification de la conformité des hébergements : avis de la commission de sécurité à jour, literie en bon état, ratio sanitaires/hébergés respecté
- Protocole de communication en cas d'incident grave : qui appelle les parents, dans quel délai, quel message, qui gère la communication avec les médias si nécessaire
- Transport : véhicules homologués pour le transport de mineurs, ceintures pour tous les passagers, sièges auto pour les enfants de moins de 10 ans
- Vérification quotidienne et tracée des températures de conservation : réfrigérateur entre 0°C et +4°C, congélateur inférieur à -18°C — cahier de relevés à jour
- Plats témoins : conserver une portion de chaque plat du jour dans un contenant hermétique au réfrigérateur pendant 5 jours
- Ne jamais laisser des préparations alimentaires à température ambiante plus de 2 heures en période de chaleur, ni plus de 1 heure si la température dépasse 30°C
- Pique-niques : glaces réfrigérantes dans les glacières, éliminer les aliments à risque (mayonnaise maison, œufs durs, crèmes) lors des sorties en pleine chaleur
- Adapter les menus à la chaleur : favoriser les repas froids, fruits frais hydratants, réduire les plats en sauce ou en daube
- Affichage des 14 allergènes majeurs à jour, vérification systématique des PAI alimentaires avant chaque service
- En cas de TIAC suspectée : isolement des enfants malades, appel immédiat au 15, déclaration obligatoire à l'ARS dans les 24h, conservation des plats témoins sans y toucher
- Liste de présence nominative emportée à chaque sortie — pointage systématique au départ du centre, à l'arrivée sur le lieu d'activité, au retour et à la remise aux familles
- Trousse de premiers secours obligatoire lors de chaque sortie, avec fiche de conduite à tenir en cas d'accident
- Autorisation parentale spécifique à chaque type de sortie : baignade, transport motorisé, activité sportive à risque — une autorisation générale de début d'année ne suffit pas pour les sorties à risque particulier
- Crème solaire : informer les familles en amont (certains enfants présentent des allergies), organiser un temps d'application collective le matin et après le repas pour les plus jeunes
- Chapeaux et vêtements couvrants obligatoires lors des sorties exposées au soleil — prévoir des chapeaux de rechange pour les enfants qui oublient
- Vérification météo la veille au soir : adapter ou annuler une sortie en cas d'alerte orange ou rouge, sans attendre le lendemain matin
- Pour les transports : nombre de places strictement égal au nombre de ceintures de sécurité, conducteur identifié et briefé, heure de retour communiquée aux familles avec un moyen de contact en cas de retard
- Intégrer la protection solaire dans le règlement intérieur et la communication aux familles avant l'ouverture estivale, avec la liste du matériel attendu (crème, chapeau, lunettes)
- Organiser un temps d'application de crème solaire collectif le matin à l'accueil et après le repas — prévoir une crème de secours pour les enfants qui n'en ont pas apporté
- Chapeaux obligatoires en extérieur de 11h à 16h — tolérance zéro sur ce point, même pour les activités sportives
- Sensibiliser l'ensemble de l'équipe aux signes d'insolation : maux de tête intenses, nausées, peau rouge et brûlante, confusion légère
- Conduite à tenir en cas d'insolation : mise immédiate à l'ombre, hydratation progressive, application de linge frais sur la nuque, appel au 15 si l'état ne s'améliore pas rapidement ou si l'enfant perd connaissance
- Cas particuliers à identifier dans les PAI et fiches sanitaires : certains traitements (antibiotiques de la famille des cyclines, antihistaminiques, certains anti-épileptiques) augmentent significativement la photosensibilité
- Déclarations TAM à jour pour chaque accueil estival : vérifier que chaque accueil (périscolaire d'été, centre de loisirs extrascolaire, séjour) est bien déclaré avec les bons horaires et effectifs
- Fiches sanitaires de liaison : nouvelles fiches signées par les familles pour l'été 2026, pas une reconduction automatique des fiches de l'année scolaire
- Projet pédagogique été 2026 rédigé spécifiquement pour l'accueil estival — pas une copie du projet de l'année précédente ou du périscolaire de l'année scolaire
- Contrats de travail signés pour tout le personnel saisonnier avant la prise de poste, non après
- Assurance Responsabilité Civile de la structure : vérifier la validité, les montants de garantie et surtout les activités explicitement couvertes (baignade, équitation, escalade, sorties en montagne…)
- Registre de sécurité : exercice d'évacuation planifié et tracé, notamment si la structure ouvre dans des locaux différents des locaux habituels
- PAI en cours : contacter les familles concernées pour vérifier si des changements sont intervenus depuis septembre — un traitement peut avoir évolué
- Convention de mise à disposition de locaux pour les sites d'été différents des locaux habituels : vérifier la conformité et la validité de l'avis de la commission de sécurité
Un été bien préparé est un été sécurisé
L'été concentre les risques mais aussi les plus belles opportunités pédagogiques de l'année pour les enfants accueillis en ACM. La grande sortie, la baignade en rivière, le bivouac sous les étoiles : ce sont des moments qui marquent une enfance. Ces expériences sont possibles — et souhaitables — à condition que la structure soit prête.
Une préparation rigoureuse sur les huit points ci-dessus permet d'aborder la saison estivale avec sérénité. La réalité des incidents graves en ACM montre qu'ils surviennent rarement par un seul facteur : c'est presque toujours une accumulation. Chaleur + encadrement réduit + personnel non formé + absence de protocole écrit = situation à très haut risque. Chaque vigilance mise en place réduit la probabilité que plusieurs facteurs se cumulent au même moment.
Prévenir, c'est anticiper. Et anticiper, en centre de loisirs comme dans tout accueil de mineurs, c'est la responsabilité première du directeur. Les contrôles de la DRAJES portent précisément sur ces points : la présence de protocoles écrits, leur connaissance par l'équipe, et la traçabilité des vérifications effectuées.
Prévention — APHELY-ACM organise des webinaires spécifiques à la préparation de l'été à destination des directeurs ACM, pour les aider à anticiper les risques de la saison.
Pour aller plus loin, un audit de conformité ACM est disponible pour évaluer les pratiques de votre structure avant l'été.